L'autisme et l'alimentation

Résumé d'un article très intéressant (article complet ici)

Beaucoup de personnes TED ont des difficultés alimentaires. Il y a ceux qui ne mangent pas assez, ceux qui mangent trop, ceux qui sont très sélectifs, ceux qui ne le sont pas assez.Plusieurs raisons à cela :

  • des raisons sensorielles,
  • des problèmes de praxies,
  • la peur de goûter ce qui est nouveau,
  • la rigidité,
  • et sans doute d'autres...

Le sensoriel - Certains ne ressentent pas la satiété (hyposensibilité) et vont donc remplir leur estomac au maximum, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place du tout. Pour éviter cela, on peut proposer un menu très précis avec des quantités à respecter (nombre de cuillères, nombre de morceaux, etc.). Et pour finir de remplir l'estomac, on peut compléter avec de l'eau. - D'autres ont des problèmes d'hypersensibilité au niveau du goût ou/et de l'odorat. Ceux-là vont être très sélectifs et préférer les aliments plutôt fades. Les personnes hyposensibles, au contraire, vont manger toutes sortes d'aliments, et même parfois ce qui ne se mange pas (attention aux produits dangereux, syndrome du PICA). L'hyposensibilité de la sphère buccale va avoir aussi une influence sur la taille des bouchées. C'est pourquoi certains vont se remplir la bouche au maximum et à toute vitesse avant d'avaler puisqu'ils ne sentent pas bien à quel point elle est remplie. On peut stimuler doucement cette zone à l'aide de brosses souples ou même une brosse à dents électrique. Au moment du lavage de dents, on peut utiliser la brosse également sur la langue et à l'intérieur des joues. Une autre stimulation peut se faire avec le jet de la douche : il suffit d'ouvrir la bouche et d'y diriger le jet (l'eau n'est pas avalée, elle ressort toute seule puisque la bouche reste ouverte).

Les praxies Certains ont des difficultés à mâcher correctement et suffisamment. Comme c'est long et fatiguant, ils vont quasiment avaler leurs aliments. Une rééducation des muscles de la sphère buccale peut se faire en orthophonie. Sinon, on peut trouver des exercices et des jeux pour faire travailler cette partie du visage. On peut aussi compter le nombre de fois où l'on mâche à chaque bouchée. C'est assez fastidieux, mais ça vaut la peine de le faire, même si c'est seulement de temps en temps. La peur de goûter Les personnes TED n'aiment pas les changements, alors ajouter un nouvel aliment peut déjà être en soi un problème. Ensuite, cet aliment risque de donner de nouvelles sensations au niveau du goût, de la texture, et même de la couleur, ce qui peut entraîner des nausées et même des vomissements. Goûter est donc souvent à haut risque !La rigidité Certains préfèrent manger le même aliment au même repas. Ainsi, les pommes de terre servies le soir ne peuvent pas forcément être mangées le midi. Attention donc à ne pas laisser s'installer cette rigidité en pensant, si c'est possible, à varier le moment où sont servis les aliments, même s'il y en a peu. Ainsi, si l'accompagnement de la viande se limite à pommes de terre, riz, pâtes, penser à alterner de manière à ce qu'ils soit servis à différents repas. Et puis, varier également les formes ou les couleurs, et même les marques, si ce n'est pas déjà trop tard... Car une fois la rigidité installée, il est encore plus difficile d'introduire de nouveaux aliments. Quelques stratégies Parfois, la seule présence sur la table d'un aliment nouveau ou que la personne autiste n'aime pas va l'empêcher de manger. Sa vue ou son odeur peuvent suffire à lui provoquer des nausées. Intégrer de nouveaux aliments aux repas va donc être très difficile. Il existe quelques stratégies, qui demandent beaucoup de patience car il va falloir procéder par micro-étapes, comme pour beaucoup d'apprentissages.

Notre expérience avec Elie

Elie a eu une alimentation dite "normale" jusqu'à environ ses 12 mois. A cette époque, les repas étaient toujours pris à la maison, et nous ne rencontrions pas de difficulté particulière, y compris en terme de diversification (comme pour les autres enfants). A cette période, j'ai repris le travail et les repas à l'extérieur étaient devenus difficiles (résistance au changement). J'ai commencé d'acheter des petits pots ou plats tout prêts qu'Elie acceptait de manger. Sans en avoir conscience, nous sommes tombés dans le piège de l'hypersélectivité : Elie s'est mis à refuser certaines couleurs de plats, certaines textures...Cela a duré 7 ans : 7 ans durant lesquels Elie n'a mangé que 3 ou 4 sortes de plats. Par ailleurs, il acceptait les laitages et compotes (avec des emballages là aussi sélectionnés avec rigueur !).

Idée préconcue n°1 : un enfant ne se laisse pas mourir de faim

un enfant ordinaire, tout à fait...mais une personne autiste peut tout à fait se priver de manger, se faire vomir, faire la grève de la soif (cela nous est arrivé !) pendant plusieurs jours, voire semaines !

idée préconcue n°2 : un enfant mange ce qu'on lui donne à manger

un enfant ordinaire, tout à fait...ou presque ! mais une personne autiste peut, du fait de ses particularités sensorielles, de communication, faire vivre un enfer à toute la maisonnée si on ne lui donne pas l'aliment qu'il souhaite, à l'heure où il le mange d'habitude...

De plus, il faut prendre en compte le rapport affectif des parents à l'alimentation de leur enfant : quel parent digne de ce nom ne donne pas à manger à son enfant, sous prétexte que cela ne correspond pas à une alimentation recommandée ? Au moment où l'hypersélectivité s'installe, les parents ne se rendent pas compte de ce qui se joue et surtout n'ont pas d'autre solution ! alors, "pourvu qu'il mange" ; "il vaut mieux cela que rien du tout" ; "si je ne veux pas passer la nuit à blanc à l'entendre crier...je lui donne ce qu'il veut" ; "il va encore vomir à table, et du coup, les autres enfants vont vomir aussi...trop dur à supporter, cela changera bien un jour"...C'est ainsi...au fur et à mesure des années que se créé le décalage social du repas, l'angoisse liée aux troubles du comportement qu'il engendre, la honte de ne pas savoir faire (avis aux personnes extérieures  : comme tous les parents, nous savons que ce que nous faisons n'est pas idéal...ce que nous ne savons pas, c'est quoi faire et surtout nous avons très peur, parce que nous savons exactement ce qui nous attend si nous essayons de changer les choses).

Elie a 8 ans... a pris plus de 10 kilos en 1 an, son pancréas fonctionne très mal...un médecin nous parle : si vous ne faites rien, Elie risque une pancréatite et quand il en souffrira, vous ne vous en rendrez même pas compte parce qu'il ne saura pas vous le dire...

suite en construction...

Geneviève Nadon, ergothérapeute...De Montréal à St Herblain, à un colloque français...
Surprise : ailleurs, quelqu'un sait faire, ailleurs, on explique aux parents très tôt de quoi cela relève...son intervention renforcera notre motivation.
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Lui, c'est Elie :)

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